Aujourd’hui, nous nous penchons sur le problème du gaspillage alimentaire.

En septembre dernier, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture publiait un rapport accablant sur la faim dans le monde. Selon la FAO, en 2017, quelque 821 millions de personnes ne mangeaient pas à leur faim. Soit une personne sur neuf. Un nombre en hausse par rapport aux années précédentes.

Un triste constat surtout, qui devient révoltant, au regard de la quantité de nourriture qui ne trouve pas le chemin de nos assiettes. Chaque année en effet, un tiers de la production alimentaire annuelle mondiale est gaspillée. Pas moins de 1,3 milliards de tonnes de nourriture partent ainsi à la poubelle, au rythme effréné de 41,2 tonnes par seconde. Soit une perte évaluée à 880 milliards d’euros.

Comme de nombreux pays industrialisés, la France n’échappe pas au phénomène. Alors qu’une personne sur 10 peine à se nourrir correctement dans l’Hexagone, le gaspillage représente 10 millions de tonnes de produits par an,  pour une valeur commerciale estimée à 16 milliards d’euros. Sans compter que cette perte, équivalente à 29kg par personne et par an, entraîne un prélèvement inutile de ressources naturelles, telles que les terres cultivables et l’eau, et des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées. Ces dernières sont d’ailleurs évaluées par l’ADEME à 3 % de l’ensemble des émissions nationales.

Face à cet intolérable gâchis, la riposte s’organise. Site internet, pacte national, loi et même journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire : ces dernières années, l’Etat français s’est doté d’outils susceptibles d’enrayer la machine, en étroite collaboration avec les représentants des acteurs de la chaîne alimentaire. Avec un objectif ambitieux : réduire le gaspillage de 50% à l’horizon 2025.

Interdiction faite aux distributeurs de javelliser les denrées invendues, mise en place de conventions avec les associations caritatives pour les invendus encore consommables, création de plans d’action anti-gaspi dans la restauration collective…  Atteindre les 5% de diminution annuelle moyenne fixés par le gouvernement nécessite d’appliquer des mesures efficaces à chacune des étapes de la chaîne, de la production à la consommation en passant par la transformation et la distribution.

Le jeu en vaut toutefois la chandelle, si l’on en croit les expériences menées par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Travaux à l’appui, l’Ademe a mis en évidence le fait que lorsqu’un plan d’action est mis en oeuvre dans la grande distribution, les pertes et le gaspillage diminuent de 50% en poids, pour des économies de l’ordre de 30%. Soit 300 000€ par an pour un supermarché traditionnel.

D’importantes marges de manœuvre que l’on retrouve également chez les particuliers. Bien ranger ses courses, doser correctement les quantités, accommoder les restes constituent autant de gestes simples susceptibles de diminuer de moitié le gaspillage domestique, pour une économie moyenne de 60€ par an et par personne selon l’Ademe.  Dans nos placards aussi, la chasse au gaspi est ouverte…