Blue Bees, pour financer de bio projets

D’un côté, un jeune paysan ou une association engagés pour une agriculture durable, en quête de financement. De l’autre, des citoyens qui ont envie d’apporter leur pierre à l’édifice pour voir le modèle agricole changer. Pourquoi ne pas les mettre en relation ? C’est l’idée qu’a eu le fondateur de Blue Bees, la première plateforme de financement participatif entièrement dédiée au soutien de projets qui oeuvrent pour une agriculture et une alimentation durables. La devise de Blue Bees ? “Faisons pousser la bio, ensemble !”

Blue Bees

Se moderniser, se relever, s’agrandir

Amélie et Mathieu, 27 et 31 ans, ont repris les rênes de la ferme familiale, dans la Loire. En conversion bio depuis 2018, ils élèvent des chèvres et vendent à la ferme leurs fruits et légumes de saison. Pour réhabiliter la chèvrerie et moderniser la salle de traite et la fromagerie, ils ont besoin de 15000€…

Dans la Drôme, Julien et Céline exploitent depuis 2007 six hectares en maraîchage, œufs et noix bios. Le 15 juin dernier, une tempête de grêle a ravagé leurs cultures, détruit les champs et tué leurs poules : une perte qu’ils estiment à 16000€. Pour se relever de cette catastrophe et poursuivre leur activité agricole, il leur manque encore 8000€…

A Marseille, Arthur, Maxime, Augustin et Pablo ont développé une ferme urbaine de 1,5 hectares. Ils produisent des fruits et légumes bio vendus en panier, et un service traiteur. Le succès est au rendez-vous, mais les locaux de stockage, tant pour les légumes que pour le matériel agricole, font défaut : ils décident de restaurer et aménager un bâtiment d’exploitation adapté à leur développement. Les voilà à la recherche de 27 000 € pour concrétiser leur projet…

Le point commun entre ces trois situations? Faire partie des projets sélectionnés par Blue Bees pour mettre en place une campagne de financement participatif, ou crowfunding.

Blue Bees, pour soutenir l’agriculture de demain

Blue Bees a été crée en 2012 par Maxime de Rostolan, également fondateur de Fermes d’Avenir et à la tête du projet de la ferme de La Bourdaisière, une micro-ferme expérimentale, destinée à prouver qu’une petite ferme en permaculture pouvait être rentable.

Au départ, la plateforme oeuvre pour le financement de projet dans les pays du sud. En 2014, la loi est modifiée, et les entreprises françaises de crowdfunding  sont autorisées à faire du prêt rémunéré. Blue Bees  s’ouvre alors à la France, toujours avec le même objectif : soutenir des projets et des besoins en agroécologie, en se substituant aux banques réticentes à financer des projets agricoles.

Que ce soit parce que le projet est considéré comme non viable, ou que les porteurs n’apportent ni fonds propres ni caution personnelle – ce qui est le cas de beaucoup –, l’accession au prêt bancaire est plus qu’aléatoire. Blue Bees se pose alors comme une alternative permettant de faire sans, ou éventuellement, par effet de levier pour la banque, de fournir le moyen d’en débloquer un.

Blue Bees

Depuis sa création, la plateforme a permis de financer 332 projets. Accompagner ces agriculteurs, c’est la façon qu’a choisi Blue Bees de contribuer au combat pour un autre modèle agricole : un modèle à taille humaine, avec des cultures diversifiées, créatrice d’emplois, et peu dépendante du pétrole et de la chimie.

Les projets soutenus couvrent un vaste champ : de l’installation en maraîchage bio aux magasins de producteurs locaux, en passant par les projets d’agroforesterie, de conversion à la bio, de transformation des produits de la ferme ou de valorisation de matières secondaires…

Un modèle économique circulaire et solidaire

Le fonctionnement de la plateforme permet aux citoyens d’agir concrètement pour soutenir un modèle agricole qu’il souhaitent voir se développer : c’est grâce au contributions des internautes, sous forme de don ou de prêt, que les projets sont financés. Et ils ont répondu à l’appel : à ce jour, la plateforme compte plus de 44000 contributeurs inscrits.

Le succès repose sur le nombre de contributeurs : pour les dons évidemment, mais pour le prêt également. Plus ils sont nombreux à prêter des petites sommes, plus le système est efficace : le risque étant dilué sur une multitude de prêteurs, cela permet de prêter sans demander de caution et de garantie à l’emprunteur.

Les internautes ont toute liberté de choisir le projet qu’ils souhaitent soutenir : ils sont présentés individuellement, de façon très détaillée, sur le site de la plateforme. On peut contribuer à partir de 5€ aux campagnes faisant appel aux dons (à savoir, même si l’objectif n’est pas atteint, le porteur de projet reçoit les fonds levés : toutes les contributions sont donc utiles !). En contrepartie de leur soutien, les contributeurs reçoivent des produits de la ferme (pots de miel, fromages, paniers de légumes bio…). Pour les dons plus importants, ils peuvent même être conviés à venir passer un week-end sur place, être initiés à la traite ou repartir avec leur cueillette de fruit et légumes bio : une occasion de nouer des contacts et de partager autour d’intérêts communs.

Blue Bees

Ceux qui optent pour le prêt peuvent investir entre 20 et 2 000€ dans le projet. Les prêteurs, remboursés avec un intérêt de 2% en moyenne, peuvent choisir de percevoir leurs intérêts ou de réinvestir sur un autre projet. Le cadre est clairement défini, en établissant un contrat de prêt et un calendrier de remboursements.

Dans l’un et l’autre cas, Blue Bees (entreprise non subventionnée), prélève une commission sur les sommes levées, qui permet d’assurer son fonctionnement : 8% HT sur les dons, et 4% HT pour les prêts

Avoir un impact positif : le point commun entre Blue Bees et faire Bien

C’est en cohérence avec ces engagements qu’Emmanuelle Paillat, Directrice de la plateforme depuis 2014, est devenue membre du collectif Faire Bien : “Avec Faire Bien, nous ne sommes plus dans les promesses, mais dans l’action, et c’est un aspect essentiel pour moi. Rapprocher les parties prenantes pour travailler ensemble et nous consacrer à un combat en faveur des éleveurs laitiers rejoint les valeurs pour lesquelles je m’engage quotidiennement : éthique, innovation, solidarité, agriculture à taille humaine, durable et respectueuse de l’environnement”, explique-t-elle. “ Je suis fière de faire partie de cette initiative portée par tout un collectif, engagé comme Blue Bees pour une agriculture d’avenir !”.

Blue Bees en chiffres :

Blue Bees

*Source : https://www.bluebees.fr/fr/about/stats