Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à l’économie sociale et solidaire. Si l’expression nous est familière, le concept qu’elle recouvre, lui, ne l’est pas forcément. Alors, qu’est-ce que l’économie sociale et solidaire ?

Pour commencer, il faut savoir qu’elle ne date pas d’hier. L’ESS, comme il est d’usage de l’abréger, plonge en effet ses racines dans l’associationnisme ouvrier du XIXè siècle, à une époque où le capitalisme et la révolution industrielle naissants faisaient peu de cas de la condition de vie du prolétariat. Privé du secours des communautés professionnelles traditionnelles, à l’image des anciennes corporations interdites durant la Révolution française, les ouvriers vont alors s’auto-organiser et créer de nouveaux systèmes de solidarité pour répondre à leurs besoins.

Que ce soit pour s’assurer contre la maladie à travers les caisses de secours mutuel, accéder au crédit via des organismes de crédit coopératif, ou encore se procurer certains biens essentiels grâce à des comptoirs alimentaires, le mouvement ouvrier va peu à peu se doter de moyens efficaces pour faire face aux difficultés et à la précarité qu’il subit.

Bien du temps a passé depuis la création des premières caisses de secours mutuel, mais le principe de l’économie sociale et solidaire est demeuré le même : conjuguer solidarité, performances économiques et équité sociale.

Aujourd’hui en France, l’ESS désigne un ensemble de 220 000 entreprises évoluant dans tous les secteurs d’activité, de la banque à la grande distribution, en passant par l’éducation et la santé, et pouvant prendre différentes formes juridiques. On y trouve ainsi des coopératives, des associations, des mutuelles, des fondations, et des entreprises dont le fonctionnement interne et les activités sont aussi fondés sur un principe de solidarité et d’utilité sociale.

De fait, à la différence des entreprises que l’on qualifiera de « classiques », celles issues de l’ESS encadrent strictement l’utilisation des bénéfices qu’elles réalisent, et réinvestissent leurs résultats pour assurer la pérennité de la structure et des emplois. Par ailleurs, ces entreprises adoptent des modes de gestion démocratiques et participatifs, selon le principe « une personne, une voix ». Enfin, elles élisent leurs dirigeants, et associent les parties prenantes à la gouvernance.

Contrairement à une idée répandue, et s’il est vrai que ses ressources financières sont en partie publiques, l’ESS ne vit pas que de subventions. Celles-ci ne représentent qu’un quart du budget des associations en moyenne.

Des entreprises qui se portent plutôt bien d’ailleurs, à en croire les chiffres publiés par le ministère de l’Economie et des Finances. Les 221 000 établissements qui se réclament  de l’économie sociale et solidaire généraient en effet plus de 10% du PIB de la France en 2016 selon Bercy, et employaient quelques 2,38 millions de personnes. Soit 10,5% de l’emploi français. Un chiffre en hausse régulière, qui devrait encore s’accroître, 600 000 recrutements étant attendus dans la filière d’ici fin 2020.

Comme quoi, l’équité et la solidarité sont des valeurs porteuses…