Si le mot “extensif” n’est pas très parlant, son contraire, “intensif”, l’est bien davantage. Pour aller à l’essentiel, il s’agit de deux types d’agriculture, ou d’élevage, aux méthodes, aux valeurs et à la création de valeurs opposées.

L’élevage extensif, qu’est-ce que c’est ?

Si l’élevage extensif existe depuis des milliers d’années, l’élevage intensif s’est développé depuis les années 1950, dans un contexte de pénurie alimentaire à l’issue de la seconde guerre mondiale.

L’agriculture et l’élevage intensifs utilisent des méthodes qui visent à rendre le plus productif et rentable possible un espace donné, dans un temps limité. On fera donc usage d’intrants (pesticides, engrais chimiques…), et/ou on augmentera la densité d’animaux sur l’exploitation, dans un espace réduit ou confiné. Il demande généralement de produire ou d’acheter des aliments pour nourrir les animaux. Son objectif est le rendement maximal, et l’agriculture intensive peut tendre à l’industrialisation.

L’élevage extensif ou pâturage extensif, est une méthode d’élevage caractérisée par une faible densité par hectare d’animaux. Ce type d’élevage est essentiellement fondé sur l’utilisation des ressources naturelles disponibles : eau, pâturage, etc. en n’utilisant peu ou peu d’intrants. Le système de production se base sur le pâturage. L’élevage extensif se pratique en général sur de vastes espaces, auxquels les animaux accèdent en se déplaçant. En quelque sorte, il s’agit de produire (un peu) moins, mais mieux.

Le premier est donc un modèle quantitatif, tandis que l’autre est un modèle qualitatif.

Les notions « d’extensivité » ou «d‘intensivité » restent relatives. Les textes légaux définissent l’agriculture intensive comme « une agriculture qui consomme plus de facteurs de production par unité de surface» (1)… et on peut donc en déduire que l’extensive en consomme donc moins.

Aucun critère précis ne définit ce «plus » et ce « moins » : il s’agit donc de modèles, et non pas d’un cahier des charges ou d’une certification, comme c’est le cas pour le bio. Aussi, la production laitière issue de l’élevage extensif n’est pas forcément bio, mais en revanche le lait bio est toujours issu de l’élevage extensif !

Les grands principes qui opposent élevage intensif et extensif sont clairs :

Elevage extensif

Sur une exploitation intensive, les animaux sont confinés dans des étables aux dimensions souvent réduites, et l’alimentation et le nettoyage sont généralement automatisés pour réduire la main d’oeuvre. L’économie de ces coûts compense l’investissement en fourrage, vétérinaires et produits pharmaceutiques. Le régime alimentaire des animaux peut-être complété avec des vitamines, et provient lui-même de l’agriculture intensive. Le fumier, qui servait d’engrais pour le pâturage, devient du purin qui contribue à polluer les sols, les rivières et les nappes phréatiques.

Elevage extensif

Les exploitations extensives sont au contraire souvent des exploitations familiales. Les vaches se nourrissent essentiellement de l’herbe du pâturage. Les fourrages (céréales, légumes secs), nécessaires en hiver, sont généralement cultivés sur l’exploitation. Les purins sont assimilés par la terre, et les excréments constituent un engrais naturel pour les champs. Ainsi, élevage et agriculture se complètent.

Enfin, l’élevage extensif tend à exploiter un milieu sans le détériorer : c’est un mode d’agriculture durable, qui permet le maintien des caractéristiques du milieu, voire qui les améliore du point de vue environnemental. Prairies et pâturages extensifs,
au-delà de leur intérêt pour la biodiversité, fournissent également de nombreux services conjoints, en matière de paysage, de qualité de l’eau, et des sols.

Les systèmes de production d’élevage herbager extensif constituent l’essentiel de l’agriculture à « Haute Valeur Naturelle » (HVN) en France métropolitaine(2) . Ce concept rassemble les formes d’agriculture dont les pratiques ont en commun de favoriser une grande richesse écologique. Bien que ces systèmes soient très variés, ils associent tous, à des degrés divers, trois caractéristiques : une faible utilisation d’intrants, une forte diversité du couvert végétal et une part élevée de végétation dite « semi-naturelle ».

En 1970, la surface agricole utile des zones HVN était estimée à 21,4 millions d’hectares(3) . En 2010, elle représentait en France environ 5 millions d’hectares (18 % de la surface agricole utile), dont 3,8 millions de prairies permanentes, et concernait 80.000 exploitations agricoles.

_______________________________

(1) https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000846884 (2) résultats d’une étude commanditée par le ministère de l’Agriculture : http://agriculture.gouv.fr/gestion-extensive-des-surfaces-fourrageres-menaces-et-risques-de-disparition-des-pratiques#nb8
(3) https://www7.inra.fr/dpenv/pdf/PointereauC59.pdf