L’enseignement agricole actuel, structuré dans les années 60, concerne aujourd’hui plus de 200 000 jeunes en France. Avec une variété de parcours allant de la classe de 4e jusqu’au diplôme supérieur, il s’agit du second dispositif d’enseignement du pays, sous la responsabilité du Ministère de l’Agriculture qui y a consacré, en 2019, 40 % de son budget, soit 1,9 milliard d’euros.

Qui sont ces jeunes élèves et étudiants ? A quoi et comment se préparent-ils ? Quelle part occupe l’agriculture bio dans leur formation ? Faire Bien vous invite à un petit tour d’horizon sur l’enseignement dispensé aujourd’hui en France aux agriculteurs de demain.

Davantage de filles, moins d’enfants d’agriculteurs

En septembre 2019, ce sont plus de 208 000 élèves, étudiants et apprentis qui ont fait leur rentrée dans l’enseignement agricole, soit :

  • 138 363 élèves
  • 35 278 étudiants
  • 35 086 apprentis (dont 11 157 dans l’enseignement supérieur)

L’origine socioprofessionnelle des élèves est plus diversifiée qu’autrefois : alors qu’en 1985, quatre élèves sur dix étaient enfants d’agriculteurs ou de salariés agricoles, ce n’est actuellement plus le cas que d’un élève sur dix. Ce sont les enfants d’employés et d’ouvriers qui sont les plus nombreux à fréquenter les établissements de l’enseignement agricole (quasiment la moitié des effectifs).

Les filles représentent aujourd’hui 46 % des élèves, étudiants et apprentis de l’enseignement agricole. Fait nouveau, elles sont désormais majoritaires parmi les étudiants desétablissements de l’enseignement supérieur agronomique, vétérinaire et de paysage, alors qu’elles représentaient seulement 20 % des effectifs en 1975. En revanche, elles ne sont qu’une sur quatre apprentis de l’enseignement agricole.

Côté établissements, on compte :

  • 807 établissements scolaires : 216 lycées agricoles publics (avec 192 exploitations agricoles) et 591 privés
  • 136 centres de formation d’apprentis  (94 publics, 42 privés)
  • 19 écoles d’enseignement supérieur agronomique, vétérinaire et de paysage

Les établissements privés sous contrat avec l’État ont une place importante dans l’enseignement agricole : ils représentent les trois quarts des établissements scolaires et accueillent 60 % des élèves et étudiants.

Des filières et des parcours diversifiés

Bien sûr, l’enseignement agricole prépare aux métiers de l’agriculture. Mais il dépasse aujourd’hui largement de ce cadre, pour englober une pluralité de formations en lien avec le vivant et la nature. Ainsi, il prépare en fait à plus de 200 métiers dans des secteurs variés : agriculture, alimentation, environnement, développement durable, médecine vétérinaire, forêt, énergie, métiers du cheval…

Le panel des formations est large, et les voies d’accès aux diplômes (CAP agricole, Bac pro agricole et BTS Agricole) plurielles :

  • la formation initiale scolaire (via la filière générale, technologique ou professionnelle des lycées agricoles),
  • l’apprentissage pour les jeunes entre 16 et 25 ans,
  • la formation continue pour améliorer son niveau de qualification,
  • l’enseignement à distance,
  • La VAE (validation des acquis de l’expérience) pour certains diplômes.

Un enseignement en lien avec les réalités du terrain

Dans l’enseignement agricole, les matières techniques représentent une part importante des enseignements dispensés. Pour ce qui est des lycées agricoles publics, l’agronomie, la zootechnie et l’agroéquipement sont les matières techniques qui comptent le plus grand nombre d’enseignants.

L’une des caractéristiques de cet enseignement est qu’il est prodigué en lien avec les réalités du terrain, faisant une large place aux enseignements concrets et à la conduite d’expérimentations et de projets divers. Privilégier la liaison constante entre l’acquis théorique et l’approche pratique est un aspect essentiel de l’enseignement agricole.

Ainsi, sur les 216 établissements publics, 193 intègrent une exploitation agricole gérée par un chef d’exploitation et 26 un atelier technologique. Près de 20 000 hectares sont ainsi cultivés dans ces établissements, dont 4 282 certifiés Agriculture Biologique (soit 25 exploitations totalement bio sur les 216 établissements publics).

Vers plus de formations au bio

Présente dans l’enseignement agricole depuis 1985 (avec alors seulement deux certificats de spécialisation et un module en BTSA),  l’agriculture biologique est prise en compte dans tous les cursus de formation de l’enseignement agricole depuis la rentrée 2008.

Avec le plan d’action “Enseigner à produire autrement”, lancé en 2014, la DGER* a mis en place le réseau national Formabio, afin « d’outiller » les enseignants et formateurs pour qu’ils puissent enseigner au mieux ce mode de production à leurs élèves. La FNAB* s’est également associée à ce programme de développement.

Les chiffres sont en progression, pour le nombre d’exploitations comprenant un atelier en AB (64, 9 % en 2019), le pourcentage de SAU en AB (22,5 %) ou le nombre d’exploitations entièrement en AB (16,7 %). L’offre de formation s’étoffe également chaque année et représente maintenant plus de 100 formations habilitées « à orientation AB » ou spécialisées en AB, proposées par une centaine d’établissements en majorité publics. 

Enfin, affirmant que  “l’enseignement agricole est le moteur de la transition agroécologique”, l’actuel Ministre de l’Agriculture a annoncé le lancement prochain d’un nouveau plan « Enseigner à produire autrement », parce que “qu’on le veuille ou non, les jeunes sont sensibles à l’écologie” (sic). Parmi les engagement pris, figure celui de “rénover toutes les formations pour bien intégrer l’agroécologie et le bien-être animal”, ainsi que “d’atteindre des objectifs ambitieux pour les exploitations agricoles de nos lycées : 100% des 19 000 hectares d’exploitation de nos lycées devront être cultivés en agriculture biologique ou certifiés « haute valeur environnementale de niveau 3 ».

Une filière de réussite et d’insertion professionnelle

L’enseignement agricole a obtenu en 2019 des résultats excellents en termes de réussite aux examens comme d’insertion professionnelle. En juin 2019, le taux de réussite aux examens s’est élevé à 87,2%, tous diplômes confondus du CAP agricole au BTSA.

Concernant le taux d’insertion professionnelle, celui du Bac pro s’élève à 82%, et celui du BTSA à 90%, 3 ans après l’obtention du diplôme. Les différentes spécialités proposées forment à des professions variées, dont certaines sont particulièrement porteuses d’emploi. Ainsi, le Taux net d’emploi (TNE) est très élevé pour les diplômés du BTSA Productions animales (95 %) et Technico-commercial (93 %).

Dans l’Enseignement supérieur long, le taux s’élève à 93%, 12 mois après obtention du diplôme.

Enfin, la voie de formation s’avère être un déterminant de l’insertion professionnelle : les diplômés par apprentissage sont plus souvent en emploi que ceux issus de la voie scolaire, à diplôme et spécialité identiques.

Le prochain défi : former plus de jeunes

Malgré ces excellents résultats, l’enseignement agricole perd des élèves depuis dix ans : à la rentrée 2018, on a comptabilisé 4 000 élèves en moins. Alors que de nombreux agriculteurs vont partir à la retraite dans les prochaines années (42 % des éleveurs laitiers ont plus de 50 ans), la problématique du renouvellement générationnel est préoccupante.


Avec l’ambition de reconquérir ces effectifs, le Ministère de l’Agriculture s’est donné pour objectif de faire connaître l’étendue des métiers et les perspectives d’emplois qu’offrent les filières de l’enseignement agricole auprès des jeunes. C’est ainsi qu’une grande campagne de communication, intitulée « L’aventure du vivant », a été lancée lors du dernier Salon International de l’Agriculture. Site internet d’information et d’orientation, déploiement sur les réseaux sociaux, interventions dans les écoles : autant de moyens mis en place pour attirer davantage de jeunes vers les formations de l’enseignement agricole.

© https://www.educagri.fr/les-formations-diplomes-et-certifications.html

*DGER : Direction générale de l’enseignement et de la recherche du ministère en charge de l’Agriculture

*FNAB: Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique

Sources :

https://chlorofil.fr/vite-lu/ea-bref
https://chlorofil.fr/stats/portrait
http://www.abiodoc.com/actualites-de-la-bio/partenariat-dger-fnab-ab-enseignement-agricole https://www.vie-publique.fr/discours/271759-didier-guillaume-30102019-enseignement-agricole
https://www.apecita.com/actualites/actualites/lagriculture-biologique-une-place-preponderante-dans-lenseignement-agricole
http://www.lafranceagricole.fr/actualites/enseignement-agricole-le-ministre-veut-former-plus-de-jeunes-1,5,1935497331.html