“Le dispositif de remplacement mis en place par Faire Bien apporte une dynamique positive pour les éleveurs, la profession, et le territoire ”

Rencontre avec Céline Collet, Déléguée Régionale Normandie du Service de Remplacement.

Service remplacement

« Quand Faire Bien nous a fait part de son projet de financement d’un service de remplacement pour ses éleveurs laitiers partenaires, nous avons immédiatement trouvé cette démarche très intéressante. Nous nous sommes engagés dès le départ pour collaborer et réussir la mise en place de ce dispositif », explique Céline Collet.

L’initiative de Faire Bien, qui consiste à reverser 5% de son chiffre d’affaires pour financer un service de remplacement à destination de ses éleveurs partenaires, est inédite en Normandie. « C’est la première fois que nous collaborons avec une marque », observe Céline Collet. « En tant que Service de Remplacement opérant depuis plus de trente ans en Normandie, nous connaissons bien les réalités du métier d’éleveur, avec ses astreintes particulières (rythme biquotidien de la traite, entretien des animaux 7j/7, etc.), qui parfois pèsent sur leur qualité de vie. Certains sont même tentés d’arrêter de produire du lait… Le projet de Faire Bien fait écho à la vocation sociale de notre mission ».

Concrètement, le dispositif mis en place pour les éleveurs partenaires Faire Bien consiste en un chéquier de 7 bons, soit 7 journées de remplacement par an à disposition : 5 bons pour autant de journées en semaine, et 2 bons pour des journées en week-end. Les agriculteurs peuvent utiliser ces bons pour n’importe quel motif, sans d’ailleurs même avoir à en faire état.

Les fermiers reçoivent ces bons par courrier, et quand ils souhaitent en faire usage, ils contactent le service local. En fonction des spécificités de l’exploitation, des dates demandées, et de la disponibilité des agents de remplacements, le remplacement est programmé en concertation avec le responsable du planning. Ces 7 jours annuels étant financés par les 5% du chiffre d’affaires de Faire Bien reversés, il n’y a aucun coût pour les éleveurs. Il leur reste seulement à régler la cotisation au Service de Remplacement : « Nous avons tenu à conserver cette participation, car elle représente l’aspect d’entraide et de solidarité qui fonde l’association. Nous sommes une association au service des agriculteurs, gérée par des agriculteurs bénévoles. Maintenir une cotisation d’adhésion, c’est aussi une façon d’adhérer à notre philosophie », explique la déléguée régionale.

Le dispositif Faire Bien a été lancé à la mi-octobre 2018. En fin d’année, donc moins de 3 mois après, 65% des jours de remplacement ont été consommés par les éleveurs. « Cela signifie que cela répond vraiment à une attente ! Je sais déjà qu’en 2019, le dispositif sera utilisé à 100% », affirme Céline Collet. « Je suis d’autant plus satisfaite que la mise en place de ce dispositif a été l’occasion pour certains éleveurs de découvrir d’autres services à leur disposition. Une quinzaine d’entre eux n’avaient jamais été adhérents : cela a été l’occasion de leur présenter les différents systèmes d’aides déjà existants dont ils peuvent bénéficier, comme l’aide à la formation agricole (Aide Casdar de 70€/jour) ou le crédit d’impôt pour congés. »

Service remplacement

«  C’est un gain sur la qualité de vie, mais c’est aussi, en plus, une façon de sécuriser ces exploitations », poursuit-elle. « En cas de coup dur ou d’accident, avoir un remplaçant prêt à intervenir « au pied levé » est un gage de réussite. J’y vois aussi une opportunité de dynamiser le territoire et de créer des emplois ».

Les agents remplaçants sont salariés du Service de Remplacement. Sur les 1500 agents en Normandie, environ 140 d’entre eux sont en CDI. « Le dispositif Faire Bien nous a permis d’identifier un périmètre avec 5 à 6  éleveurs partenaires à proximité les uns des autres. Nous avons saisi cette opportunité pour embaucher et créer un emploi sur ce secteur précis. »

Le profil des remplaçants est très varié, du jeune étudiant en formation agricole au remplaçant chevronné, à temps plein, avec 10 ans d’ancienneté. S’il arrive qu’il n’y ait pas d’agent disponible, l’éleveur peut trouver lui-même son remplaçant et le mettre en relation avec le Service de Remplacement, qui se charge alors de l’embaucher. Pour que le remplacement s’effectue dans de bonnes conditions, une journée de tuilage est nécessaire, pendant laquelle l’exploitant prend le temps de bien transmettre les consignes et les recommandations. A son retour, un temps de bilan et d’échange est également prévu.

« Nous sommes très motivés pour continuer à soutenir la démarche de Faire Bien en 2019. De notre côté, nous faisons le constat d’une difficulté à trouver des agents de remplacements. Faire Bien se préoccupe de la qualité de vie des éleveurs, mais aussi, à plus long terme, du renouvellement des générations d’éleveurs laitiers bio : en ce sens, nos préoccupations se rejoignent ! Ce déficit de jeunes intéressés par les métiers de l’élevage est préoccupant : nous devons travailler ensemble sur l’attractivité du métier. »

Service de remplacement Normandie