FAIR[e] un monde équitable : un objectif, une association, des actions

Un mouvement citoyen, qui rassemble des consommateurs engagés en faveur du commerce équitable et de la consommation responsable, c’est ainsi que se définit FAIR[e] un monde équitable. Persuadé que chaque citoyen a le pouvoir de changer le monde, FAIR[e] un monde équitable est un incubateur d’initiatives citoyennes, inspiré par le célèbre “soyez le changement que vous voulez voir”. Du café de quartier au campus d’université, ou comment construire ensemble un monde plus durable et plus équitable en consommant autrement…

Faire un monde équitable
Photo : Fair(e) un monde équitable

Le commerce équitable, un outil de transition économique et écologique

Apparue il y a environ quarante ans, la notion de commerce équitable, qui s’applique alors aux relations avec les pays en développement, a pour objectif de réduire les inégalités sociales et environnementales engendrées par le commerce conventionnel. La mise en place d’une filière de commerce équitable se traduit par l’instauration d’un partenariat entre acheteur et producteur. Parmi les engagements essentiels, le fait de payer un prix juste aux producteurs, couvrant tous les coûts de production et d’exploitation et assurant un niveau de vie décent, et d’inscrire la relation commerciale dans la durée.

Dès les années 2000, la notoriété du commerce équitable s’accroît fortement. En 2005, la loi française sur les PME pose les bases d’une définition légale, tandis qu’en 2014 la loi sur l’Economie Sociale et Solidaire fait évoluer la définition du commerce équitable pour l’étendre à des relations avec tous les producteurs, y compris en France.

 La définition légale[1] actuelle du commerce équitable repose sur les principes suivants :

  • Des prix rémunérateurs pour les producteurs, basés sur les coûts de production et une négociation équilibrée
  • Un engagement commercial pluriannuel entre les producteurs et les acheteurs
  • Le versement d’un montant supplémentaire destiné au financement de projets collectifs
  • Une autonomie des producteurs grâce à la mise en place d’une gouvernance démocratique dans leurs organisations
  • La transparence et la traçabilité des filières
  • La sensibilisation des consommateurs à des modes de production socialement et écologiquement durables

Dans le même temps, les labels de commerce équitable sont reconnus par une commission officielle, selon des modalités définies par décret[2].

La naissance de FAIR[e] un monde équitable

Né en 2011, ce mouvement indépendant est né de l’envie de rassembler pour participer activement à la construction de nouvelles formes d’échanges humains et commerciaux, fondés sur plus d’équité et porteurs de valeur. L’objectif, explique Estelle Dubreuil, coordinatrice du mouvement, c’est que “notre consommation ne soit pas responsable d’un impact négatif sur les hommes et la planète”.

Faire un monde équitable
Photo : Fair(e) un monde équitable

Piloté par un Conseil national élu composé d’une dizaine de personnes, l’association se donne un mode d’organisation souple qui encourage l’indépendance et l’autonomie locale : « les actions sont toujours co-pensées entre le terrain et la gouvernance, de façon horizontale. Chacun reste libre de proposer des actions, de s’en faire le porte-voix, de les relayer ou non », indique Estelle Dubreuil. « Notre idée n’est pas de fédérer, mais de rassembler les énergies qui partagent les mêmes valeurs et ont envie d’agir ».

A l’origine du mouvement, un petits groupe de personnes décidées à promouvoir le commerce équitable via son label historique, Max Havelaar : de ce rassemblement de consommateur émerge bientôt un mouvement national porte-parole du combat.

Huit ans après sa création, le mouvement FAIR[e] un monde équitable compte 2 membres permanents salariés, 22 associations locales adhérentes (entre autres, Pont l’Évêque Équitable, Var Équitable, Paris équitable… ), et environ 500 adhérents sympathisants dont la moitié est activement impliquée sur le terrain en tant que bénévoles.

« Ces acteurs bénévoles jouent un rôle essentiel », observe Estelle Dubreuil. « Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues : plus nous serons nombreux sur le terrain, plus nous nous ferons entendre ! ».

Des actions tout terrains pour des changements concrets

Le credo de ce mouvement est que chacun est en mesure de devenir acteur du changement, à son échelle et dans son environnement. Parce que  si le partenariat entre l’acheteur et le producteur est le fondement du commerce équitable, l’adhésion des consommateurs est aussi indispensable à son développement.

« Il n’y a pas qu’une seule manière de s’engager et de faire ! On peut changer les choses par nos choix de consommation, individuellement et collectivement, dans notre quartier comme sur un campus universitaire », explique Estelle Dubreuil. « Bien sûr, agir sur des terrains collectifs permet de sensibiliser davantage de personnes, et, nous l’espérons, d’en amener certaines à modifier leurs exigences de consommateur au quotidien et à long terme ».

Ainsi, le programme Génération Equitable, lancé il y a quelques mois par le mouvement, qui s’adresse aux étudiants qui veulent agir pour transformer leur campus en terme d’alimentation durable et équitable. Introduire des produits équitables dans les repas du campus, sensibiliser et informer les tous les étudiants, organiser des événements : voici autant d’actions possibles suivant les campus. Trente quatre associations étudiantes travaillent déjà avec le soutien et l’accompagnement sur mesure de FAIR[e] un monde équitable, qui met à leur disposition des outils de sensibilisation et un partage d’expérience et de stratégie pour faire bouger les choses. Et pour ne citer qu’un exemple de résultat concret, l’université Paris Dauphine est désormais équipée de distributeurs de café équitable !

Autre campagne de mobilisation citoyenne, à l’heure de l’apéritif : les FAIRzones. Depuis 2017, une trentaine de FAIRzones ont  été organisées à l’initiative de riverains militants pour célébrer un café de leur quartier qui s’engage vers des pratiques plus équitables. Un événement convivial et festif ouvert à tous, durant lequel l’information circule, comme l’explique la coordinatrice du mouvement : « Nous sommes là pour soutenir et valoriser ceux qui font bien, et pas pour donner des leçons ! C’est un moment de vie de quartier, qui donne l’occasion de se rencontrer, d’échanger, d’expliquer, et parfois le point de départ du changement de façon de consommer ! ».


Le commerce équitable à l’actualité du 11 au 26 mai 2019 

La 19e édition de la Quinzaine du commerce équitable se déroule du 11 au 26 mai 2019 : pendant 15 jours, entreprises, associations, collectivités territoriales et militants du commerce équitable proposeront des animations partout en France pour mieux faire connaître le commerce équitable. Cette année, la quinzaine aura pour thème le climat, parce que le climat et le commerce équitable sont deux combats            associés. Développer le commerce équitable, c’est permettre une meilleure répartition des richesses mais aussi le développement de modes de production plus respectueux de l’environnement. 


[1] article 94 de la loi LOI n° 2014-856 du 31 juillet 2014

[2] https://www.commercequitable.org/le-commerce-equitable/definitions/