L’agriculture normande est confrontée à un vrai défi démographique : l’âge moyen des chefs d’exploitation étant de 52 ans, de nombreux départs à la retraite sont à prévoir dans les années à venir. Si les données de l’Observatoire de l’Installation Transmission 2020* de la Chambre régionale d’agriculture de Normandie confirment que la région normande est attractive pour les porteurs de projet et offre des opportunités d’installation, la transmission dans le secteur laitier reste complexe.

L’installation et la transmission en Normandie sont des enjeux essentiels pour maintenir le dynamisme du terroir : c’est d’ailleurs le combat dans lequel s’est engagé Faire Bien pour contribuer à préparer la relève des éleveurs laitiers bio !

LES INSTALLATIONS

  • 1383 porteurs de projets accueillis dans un PAI (Point Accueil Installation)

Dans tous les départements normands, on observe une augmentation des porteurs de projets accueillis dans les PAI. Peut-être un effet du contexte sanitaire très particulier de 2020 : nombreux ont été les porteurs de projets en quête de sens dans leur activité et avec des envies de reconversions professionnelles en agriculture.

  • La proportion des porteurs de projet Non Issus du Milieu Agricole (NIMA) bondit à 60  % :
  • Ces porteurs de projet envisagent, la plupart du temps, une reconversion avec un projet sur une petite surface : maraîchage, production de plantes aromatiques, élevage de volailles, pension de chevaux…
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©Source : Agriscopie
  • Sur l’ensemble de la Normandie, le nombre d’entretien PPP a diminué :

Le nombre d’entretien PPP* a légèrement diminué, alors que les entretiens PAI sont à la hausse : cela peut s’expliquer par le fait que la majorité des porteurs de projet rencontrée au PAI ne dispose pas d’un projet suffisamment défini pour réaliser l’entretien PPP.

*Plan de Professionnalisation Personnalisé, obligatoire pour tous ceux qui souhaitent solliciter les aides nationales à l’installation (DJA)

  • Les projets des candidats s’orientent majoritairement vers le lait et le maraîchage :
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©Source : Agriscopie
  • Les projets en Agriculture Biologique et en circuits courts augmentent :

La proportion de projets en bio passe de 28 % en 2019 à 32 % en 2020. Autre tendance marquée, la volonté de valoriser ses produits en circuits courts : près de la moitié des Porteurs de Projet (48 %) reçus au PAI envisagent ce type de débouchés pour leur production.

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©Source : Agriscopie
  • Moins d’installations avec la Dotation jeune Agriculteur :

Sur l’ensemble de la Normandie, l’année 2020 a connu une baisse du nombre d’installations avec DJA. Cette diminution est en partie due au contexte sanitaire qui a retardé la concrétisation de certains projets : la tendance du 1er semestre 2021 indique en effet une forte hausse du nombre de dossiers DJA.

  • 4 installations sur 5 sont réalisées par un homme, mais les femmes sont de plus en plus nombreuses à se lancer :

En 2020 comme les années précédentes, les installés sont majoritairement des hommes issus du milieu agricole âgés en moyenne de 29  ans. Le nombre de projet Hors Cadre Familial a légèrement diminué par rapport à l’an dernier et représente environ ¼ des installations.

Globalement, le niveau de formation des candidats tend à se stabiliser depuis 4 ans : 34  % ont le minimum requis pour obtenir les aides et 47 % un niveau de formation supérieur.

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  • Les installations se font majoritairement en société avec une préférence pour la forme en GAEC :
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©Source : Agriscopie

Sur les 5 dernières années, la surface exploitée augmente de façon significative pour les exploitations individuelles et les autres sociétés (respectivement +20% et +100%). Concernant la production laitière, sur les 5 dernières années, les évolutions sont contrastées

  • Le lait toujours sur la 1e place du podium des installations aidées :

Il est suivi par les cultures et le maraîchage. Les installations en polyculture et bovin lait représentent 80% des installations aidées normandes.

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  • La bio en progression, en nombre et en pourcentage :

La progression des installations en agriculture biologique se confirme en proportion, avec 20 % des installations totales contre 16 % en moyenne ces 4 dernières années. L’ensemble des productions est concerné, cependant c’est la production laitière la plus représentée avec 46 %.

  • Le coût moyen d’une installation individuelle est de l’ordre de 355 000 € :

La progression est de l’ordre de 50 000 € par rapport à l’an dernier. Le coût moyen cache des disparités importantes entre départements (supérieur à 400 000 € dans l’Eure et l’Orne vs supérieur à 300 000 € dans la Seine-Maritime, le Calvados et la Manche).

LA TRANSMISSION

  • La MSA a enregistré 1 161 cessations en 2019.
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©Source : Agriscopie
  • Une tendance au vieillissement de la population agricole normande depuis 2007 :

Les plus de 55 ans représentent 37,4 % des chefs d’exploitation normands, soit 10 776 exploitants. Cette part des chefs d’exploitation constitue la population la plus concernée par une transmission prochaine.

  • L’une des principales difficultés rencontrées lors des transmissions de structure porte sur le foncier :

Avec un prix moyen à l’hectare de 8 190 €, la pression foncière reste bien au-dessus de la moyenne nationale (6 000 €/ha). En outre, des disparités marquées intra et inter-département (en moyenne, 7 300 €/ha dans la Manche et 10 030 €/ha en Seine-Maritime) ont pour conséquence des cessions plus difficiles selon les territoires.

  • 215 exploitations inscrites au RDI en recherche de successeurs ou d’associés :

 Le départ à la retraite est le principal motif d’inscription au RDI.

  • Les trois quarts des offres sont des exploitations individuelles :

En production laitière, on constate un nombre d’offre de reprise important (68% des exploitations proposées au RDI) et des opportunités intéressantes à saisir.

  • La majorité trouve un repreneur qui poursuit « en lait » :

Si le délai de transmission s’est allongé de plusieurs mois, la majorité trouve malgré tout un repreneur qui prend la relève en production laitière.

Les freins à la transmission sont : l’absence de maison disponible, un parcellaire éclaté, une proportion importante de foncier à acheter et le prix demandé par les cédants.

  • 543 porteurs de projet d’installation sont en recherche d’une exploitation en Normandie 
  • 44 % des candidats inscrits au RDI cherchent à s’installer en production laitière :

En lait, le nombre de candidats est faible et les cédants peinent à trouver des repreneurs. Dans ce contexte tendu, un accompagnement administratif, financier et social semble indispensable pour faire aboutir les transmissions.

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©Source : Agriscopie

* Source : https://normandie.chambres-agriculture.fr/toutes-les-publications/publication/actualites/observatoire-installation-transmission-normandie/