Rencontre avec CHRISTOPHE AUDOUIN, Directeur Général de Les Prés Rient Bio, collectif FAIRE BIEN et LOIC PERES, éleveur bio en Basse-Normandie, collectif FAIRE BIEN.

FAIRE BIEN arrive en rayons en septembre. Qu’est-ce que cette marque de produits laitiers bio va apporter de nouveau ?

C.A. : Beaucoup de choses ! Et plutôt que « nouveau », je dirai que FAIRE BIEN est « différent ». Nous sommes vraiment très fiers de présenter cette petite marque. Parce que FAIRE BIEN, c’est plus que des produits laitiers bio : c’est un combat, celui de contribuer à pérenniser le métier d’éleveur bio.

Comment est née l’idée de FAIRE BIEN ?

C.A. : Nous sommes engagés dans la bio depuis des années, avec Les Prés Rient Bio et sa marque Les 2 Vaches. Nous avons toujours été convaincus que rassembler toutes les parties prenantes pour réfléchir ensemble serait une formidable opportunité, et c’est ce que nous avons décidé de réaliser avec Faire Bien. Nous avons essayé d’apporter quelque chose de différent, de plus exigeant, qui incarnerait notre vision plus large de la bio, au-delà du produit certifié AB. C’était vraiment l’occasion de mettre en place quelque chose de nouveau, en pensant « projet », et « combat » pour la bio, davantage que « marque »…

A vos côtés se trouve LOIC PERES, éleveur bio en Basse-Normandie. Quel rôle avez-vous joué dans cette aventure ?

L.P. : Je fais partie du Collectif FAIRE BIEN, en tant que producteur de lait bio. J’ai été présent de la réflexion jusqu’au choix du pot, et j’ai contribué aux prises de décisions. Nous sommes un groupe de personnes venus d’horizons très larges, avec des valeurs communes. Notre objectif était de penser ensemble quelque chose où tout le monde s’y retrouve : éleveurs, producteur, distributeur, et consommateurs. Avancer ensemble, ce n’est pas toujours simple, mais c’est une expérience dont je suis fier de faire partie, car replacer le producteur de lait au centre des débats est le défi de demain !

C.A. : Nous sommes convaincus que tout le monde a un rôle à jouer pour faire changer les choses. Nous avons donc mis en place une démarche inédite : rassembler tous les acteurs -consommateurs, éleveurs, salariés de Les Prés Rient Bio, distributeur, agences créatives-, pour réfléchir ensemble. Un défi ambitieux qui a donné lieu à des échanges passionnants, et à la naissance de FAIRE BIEN !

FAIRE BIEN est donc un projet collectif, mais aussi solidaire. Qu’est-ce que cela signifie exactement ?

C.A.: Ces deux aspects sont très liés : nous imaginons ensemble, donc la marque se doit de faire écho aux préoccupations de chacun. Beaucoup de problématiques ont émergé au fi l de nos réunions successives. Mais il nous a paru essentiel, à tous, que la Bio de demain ait une dimension sociale, avec l’humain au centre. Or, la clé de voûte de la Bio, ce sont les producteurs. Sans eux, il n’y a plus rien : l’idée que FAIRE BIEN les soutienne s’est donc imposée.

L.P.: C’est un métier que je fais par choix, et avec passion. Mais certains aspects de notre réalité quotidienne sont difficiles, comme le manque de temps libre. Les vaches laitières, c’est sept jours sur sept, 24 heures sur 24 ! Du coup, ce n’est pas évident d’avoir une vie de famille « normale », d’emmener ses enfants en vacances, de prendre un week-end ou un dimanche pour soi… D’autant plus compliqué que le métier, avec ses astreintes, attire peu les vocations…

C.A. : Constater qu’il y a des choses qui ne vont pas, c’est une première étape. Ensuite, il faut se donner les moyens de les changer : 5% du chiffre d’affaires de FAIRE BIEN va donc être consacré à la création d’un service de type compagnonnage. En formant des jeunes éleveurs en assurant des remplacements, nous voulons permettre aux éleveurs de gagner en qualité de vie, et aux jeunes d’acquérir une bonne connaissance du terrain et des méthodes bio.

Former des « compagnons éleveurs » en bio, c’est aussi une façon de
préparer la relève ?

C.A. : Absolument ! D’autant que c’est une question urgente : environ 30% des éleveurs laitiers normands ont plus de 60 ans. Ils vont prendre leur retraite sous peu. Est-ce que la relève est prête ? J’en doute : chaque année, ce sont presque 400 élevages laitiers qui disparaissent en Normandie ! C’est un constat désolant qui
motive notre envie d’agir pour pérenniser le métier d’éleveur laitier bio.

L.P.: Aujourd’hui, ce n’est pas simple de trouver un successeur… et c’est quand même dommage de ne pas pouvoir transmettre tout ce qu’on a appris au fil des années ! La bio demande des savoir-faire particuliers, qui ne sont pas beaucoup enseignés dans les formations agricoles. Si les jeunes peuvent les apprendre à notre contact direct, sur le terrain, ils seront bien plus motivés et solides pour s’installer ensuite à leur tour.

Quelles sont les prochaines étapes importantes pour FAIRE BIEN ?

C.A.: Ce sera de voir, on l’espère le plus rapidement possible, la 1ère « promotion » de jeunes éleveurs-compagnons arriver sur le terrain. Nous réfléchissons activement à cette mise en place, en commençant avec les éleveurs partenaires. D’ici deux à trois ans, une première jeune génération devrait être prête à prendre la relève !

L.P: C’est rassurant de savoir que je vais bientôt pouvoir confier mes vaches à quelqu’un formé à la bio… Et puis, c’est encourageant aussi de se dire que des jeunes sont susceptibles de prendre la relève et poursuivre ce qu’on a fait.

Comment imaginez-vous FAIRE BIEN dans quelques années ?

C.A. : Qu’en 2025, nous puissions dire : « Cette année, FAIRE BIEN a aidé 10 jeunes éleveurs à se former et à s’installer en Normandie ! ». Je nous souhaite de continuer à réfléchir ensemble, à explorer des chemins inédits. De devenir, pour tout ceux qui croient que l’on peut faire autrement, une source d’inspiration et un encouragement à agir. FAIRE BIEN, c’est le début d’une belle aventure collective, et j’espère que nous irons loin ensemble.