Première rentrée à La Pépinière, la formation innovante pour les éleveurs laitiers bio de demain!

Faire Bien, Service de Remplacement Normandie, CFPPA de Coutances et Bio en Normandie ont uni leurs forces pour encourager les vocations des « jeunes pousses » en proposant un parcours de formation innovant : La Pépinière. La première promotion, constituée en octobre 2020, vient d’enfiler ses bottes pour un voyage découverte de 5 jours sur le terrain, à la rencontre d’éleveurs bio normands pour découvrir le métier et construire leur propre projet d’installation. Bienvenue aux éleveurs bio de demain !

Pépinière Faire Bien

La Pépinière accueille les futurs éleveurs en Normandie

Parce que le nombre d’éleveurs laitiers ne cesse de diminuer et qu’un tiers des éleveurs en Normandie va partir à la retraite d’ici 2025*, il y a urgence à préparer la relève pour faire face aux enjeux de demain ! Faire Bien et ses partenaires sur ce projet ont décidé de s’engager pour pérenniser le métier d’éleveur laitier bio avec La Pépinière, un parcours progressif sur deux ans, qui va de la découverte du métier sur le terrain jusqu’à l’autonomie professionnelle complète(consulter le programme détaillé) : une opportunité unique pour découvrir le métier d’éleveur bio et construire son projet d’installation !La formation est ouverte à tous les adultes, avec ou sans expérience agricole, qui ont envie de changer de vie, de métier et de faire vivre les valeurs de la bio en Normandie.

Pour la toute première étape du parcours, les candidats retenus sont partis en Normandie du 19 au 23 octobre 2020, à la rencontre de producteurs laitiers bio en exercice. Pendant 5 jours, ils ont pu échanger sur le terrain avec des hommes et des femmes aux modèles et expériences de vie variés, visiter leur ferme, et partager autour de leur expérience.

Après ce voyage découverte, la prochaine étape sera un séjour de deux semaines en immersion dans une exploitation laitière, pour vivre le quotidien d’un éleveur laitier, au contact des vaches. A l’issue de cette expérience, ils pourront choisir de s’arrêter là, ou au contraire de poursuivre la formation.

Zoom sur la première promotion de La Pépinière

Conçue en 2019, La Pépinière a donc accueilli ses premiers participants à l’automne 2020. Sur les 28 candidats à la formation, 8 ont été en mesure de participer au voyage découverte en Normandie du 19 au 23 octobre 2020.

Leurs profils sont variés :

  • 6 femmes et 2 hommes, âgés de 21 à 39 ans
  • 5 d’entre eux viennent de Normandie, 1 des Alpes Maritimes, 1 du Nord et 1 participante allemande
  • la moitié d’entre eux ont un niveau de formation Bac+4
  • la moitié d’entre eux est demandeur d’emploi, les autres sont salariés.

En cohérence avec les critères ouverts de sélection des candidats, 50% des participants n’ont pas de lien direct avec l’agriculture, ni expérience du domaine. Une seule participante a des parents agriculteurs, mais pas de formation agricole.

Lors de cette toute première étape du parcours, les projets et objectifs poursuivis par les participant sont encore assez divers : 25% seulement sont déjà déterminés avant le voyage à se diriger vers l’élevage bovin. Une majorité avait, a priori, plutôt un projet d’orientation vers l’élevage de petits ruminants, mais sans avoir eu l’occasion d’approcher l’élevage bovin : “Ce voyage est pour moi une opportunité pour vérifier, avant de me décider à poursuivre vers l’élevage ovin ou caprin, si finalement l’élevage bovin ne me conviendrait pas mieux”, explique l’un d’entre eux. Un point commun rassemble cependant les participants : la grande majorité du groupe a en tête un projet avec transformation à la ferme.

A la rencontre des éleveurs laitiers bio Normands

Pendant ces 5 jours en Normandie, les participants ont visité 7 élevages laitiers bio. Chacune de ces fermes avec sa spécificité, ce qui leur a permis d’avoir un aperçu assez vaste, avec :

  • des superficies variées : de 52 à 275 hectares,
  • des cheptelsallant de 40 à 140 vaches laitières,
  • du système de production différents : tout herbe ou non,
  • du nombre des actifs: de 1 à 4 personnes,
  • du parcours des éleveurs, issus ou non du milieu agricole,
  • de leur âge: jeunes installés, proches de la retraite,
  • de la multi-activité pour certaines fermes : transformation, autres animaux et productions…

Ainsi, les participants ont également pu avoir des échanges féconds et ouverts avec des éleveurs et éleveuses aux parcours et situations différentes : Philippe, éleveur en fin de carrière avec 130 vaches laitières, Marie-Pierre qui s’est reconvertie dans l’élevage à 46 ans, avant de passer au bio il y a deux ans, ou encore Lucie et Colin 2 jeunes installés respectivement de 30 et 32 ans, pour l’une hors cadre familial, avec 85 vaches laitières, 60 brebis et une boutique de vente en circuit court…

Les discussions ont abordé des thèmes variés : de la saisonnalité du travail, important en mars avril (vêlage, mise à l’herbe, agnelage) et plus réduit en hiver, des satisfactions, des difficultés (à trouver de la main d’œuvre par exemple), ou de l’organisation du travail. Les éleveurs ont parlé de leur motivation pour exercer ce métier : « être son propre patron », « avoir la liberté de s’organiser », « passer du temps avec les animaux », et« faire un travail qui n’est pas répétitif » entre autres. Et bien sûr, ils ont partagé leurs convictions à propos de leur choix de produire en bio : « éviter la course à la quantité »pour certains, ou refuser le « non-sens de l’utilisation des phytos et de l’achat de soja produit de l’autre côté de l’Atlantique » pour d’autres. Autant d’échanges qui ont permis aux participants de faire part de leurs interrogations et d’élargir leur réflexion.

Un voyage découverte pour appréhender les réalités du métier

Pour ce public majoritairement non issu du monde agricole, plus attiré par les petits ruminants et appréhendant la taille des vaches laitières, ce voyage en Normandie a permis de mieux cerner l’élevage et de s’ouvrir aux bovins. De même, ils avaient souvent en tête la transformation dans leurs idées de projets : ils ont pu mieux se rendre compte de la difficulté à effectuer seul à la fois de l’élevage et de la transformation.

En fin de voyage, 2 participantes sur 8  sont clairement décidées à se diriger vers l’élevage bovin lait. Celles-ci l’étaient déjà avant le voyage : c’est donc pour elles une confirmation. Deux autre stagiaires restent plus attirés par les petits ruminants. Si la moitié du groupe est encore hésitant, tous comptent sur l’immersion et la confrontation avec la pratique, prochaine étape du parcours de La Pépinière, pour confirmer ou infirmer leur orientation.

Enfin, travailler un certain temps dans les services de remplacement intéresserait 80% des participants. Et 2 participants sont déjà décidés à poursuivre par un parcours de formation (BPREA), à partir du printemps ou de septembre 2021 au CFFPPA Coutances.

« En s’inscrivant, la plupart des participants n’étaient pas encore décidés à se lancer dans l’élevage bovin, mais tous souhaitent poursuivre l’expérience après ce voyage découverte : c’est très positif car c’est le signe qu’il y a un une évolution, et un intérêt croissant. Il leur faut maintenant du temps de pratique et de maturation, et c’est exactement comme cela que nous envisageons ce parcours”, ajoute Jade Mauzat, chargée de piloter ce projet pour Faire Bien. “Nous attendrons que les immersions aient eu lieu pour tirer plus de conclusions, mais nous sommes d’ores et déjà très contents de constater combien ce premier voyage a été une expérience appréciée par tous. Ce sont des débuts très encourageants pour la première rentrée de La Pépinière !”.

 

*Chiffres MSA 2017

Ce voyage découverte en Normandie a été rendu possible grâce au soutien financier de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, du programme européen Nefertiti (porté par la Chambre d’Agriculture) et de Faire Bien.

Nous remercions également nos partenaires sur le programme de La Pépinière : CFPPA Coutances, Service de remplacement Normandie et Bio en Normandie.