« Se faire remplacer, c’est nécessaire pour l’équilibre professionnel et personnel ! »

Rencontre avec Olivier, éleveur laitier bio partenaire de Faire Bien, un des premiers utilisateurs du service de remplacement mis en place par la marque.

Service de remplacement

« Si je n’avais pas trouvé de remplaçant, je n’aurais pas pu quitter l’exploitation pendant 5 jours pleins ! Et même si j’aime mon métier, j’ai besoin, comme tout le monde, de faire des pauses », explique cet éleveur laitier normand. Au mois d’octobre, invité à un baptême de l’autre côté de la France, Olivier a donc décidé de se faire remplacer en faisant appel au service de remplacement mis en place par Faire Bien. Grâce à ce remplacement, il a pu se rendre dans le Sud Ouest, chez son ami également agriculteur : cinq jours loin de l’exploitation, qui se sont parfaitement déroulés, à la ferme comme pour celui qui s’est mis « au vert ».

La quarantaine, Olivier est éleveur laitier depuis 2010. Installé en Centre Manche, à quelques kilomètres de Saint-Lô, son exploitation de 52 hectares accueille 52 vaches (une vache par hectare, l’équation parfaite en bio !). En 2015, il entreprend la conversion de son exploitation au bio et depuis octobre 2016, son lait est certifié AB. Il fait partie des éleveurs normands chez lesquels Faire Bien collecte son lait.

Son métier lui procure de vraies satisfactions, comme l’autonomie des décisions et le contact avec la nature et les vaches laitières. « J’ai travaillé dans un bureau pendant quelques années, et je n’étais pas vraiment heureux. Même si certains matins sont plus durs que d’autres, je savoure quand j’emmène les vaches au champ, dans la campagne encore dans la brume… », ajoute-t-il. Travaillant seul sur son exploitation, il assure, sept jours sur sept, la traite du matin et du soir et l’alimentation de ses vaches laitières. Un rythme qui ne laisse guère la possibilité de profiter du week-end ou de prendre des vacances.

L’expérience du remplacement n’est pas nouvelle pour Olivier, mais il observe que « ce n’est pas évident, car à certaines périodes, on ne trouve pas de candidats remplaçants». Pour lui, le service mis en place par Faire Bien va contribuer à améliorer la situation. Il espère que cela incitera d’autres éleveurs à se faire remplacer : « quand on exerce un métier en solitaire, c’est important de garder des liens sociaux, de ne pas être coupé des autres. C’est aussi nécessaire pour préserver la vie de famille. Et puis, avoir la possibilité de s’aérer, c’est une condition indispensable pour garder une motivation intacte dans son activité ».

Service de remplacement

Pour s’assurer d’une bonne transmission avant son départ, Olivier a accueilli son remplaçant une journée complète sur l’exploitation. Le temps nécessaire pour effectuer ensemble les tâches quotidiennes, échanger et répondre aux questions, avant de passer le relais. S’il part l’esprit tranquille, c’est parce que, selon lui, son exploitation a un fonctionnement «simple ». Ses vaches laitières sont uniquement nourries à l’herbe : leur ration quotidienne est composée de pâturage, d’herbe enrubannée et de foin, à proportion diverse suivant la saison. Pour celui qui le remplace, il s’agit donc de conduire les vaches au pré, de déplacer le fil avant pour éviter le « surpâturage » d’une parcelle, d’effectuer la traite deux fois par jour, matin et soir, puis de nettoyer les machines.

« Bien sûr, ajoute Olivier, l’idéal serait d’avoir un remplaçant qui connaît déjà l’exploitation. » Une possibilité qui ne lui semble pas exclue à l’avenir : « Si le service de remplacement se développe, les éleveurs y feront de plus en plus appel. Cela conduirait à la création de CDI, avec un volant de remplaçants réguliers ».

Du côté des jeunes agriculteurs, c’est aussi une excellente façon d’acquérir de l’expérience avant de se lancer. Le remplaçant d’Olivier qui est intervenu au mois d’octobre est d’ailleurs un futur éleveur laitier, qui s’installera au printemps 2018, en reprenant la ferme de ses parents qui partent à la retraite.

Pour cet éleveur bio, le replacement est donc à la fois une nécessité pour les éleveurs, une opportunité de création d’emploi pour de jeunes agriculteurs, et la possibilité de se former à la meilleure école, sur le terrain. Un système qu’il souhaite voir se développer pour encourager la relève des générations en agriculture bio.