Accéder au foncier agricole, et donc disposer de terres pour exercer leur métier, est loin d’être simple pour de jeunes agriculteurs. L’offre est limitée, il faut disposer de capitaux importants, et la concurrence est rude : autant de facteurs qui peuvent compromettre une installation. C’est en partant de ce constat que l’association Terre de liens est née en 2003, avec pour objectifs de préserver les terres agricoles, faciliter l’accès des paysans à la terre et développer l’agriculture biologique et paysanne. Des objectifs que l’association se donne pour mission d’atteindre grâce à la finance éthique et l’économie solidaire.

Terres de liens

Des idées à l’action

Pour aller à l’essentiel, Terre de liens achète des terrains et installe des fermiers locataires qui contribuent à une agriculture responsable et durable : voilà les engagements qu’ont pris les fondateurs de l’association, il y a quinze ans. Depuis, l’association nationale a essaimé : aujourd’hui, le réseau associatif se compose de 19 associations implantées dans chaque région de France*. Chacune de ces antennes se consacre sur le terrain à la sensibilisation et l’information publique autour des enjeux du foncier agricole, et accompagne les agriculteurs dans leur projet d’installation.

Dès 2007, parce que l’association veut passer des idées à l’action et se donner les moyens pour atteindre ses objectifs, elle décide de se doter d’un outil complémentaire : la Foncière Terre de Liens. La société foncière permet de lancer des appels publics à l’épargne : le premier, émis en 2008, a permis en trois mois de récolter 4,5 millions d’euros ! Une façon concrète d’incarner la dimension citoyenne du combat de Terre de Liens, en permettant à tous de s’impliquer pour enrayer la disparition des terres agricoles et faciliter l’installation paysanne. Sous forme d’investissement solidaire, chacun peut placer son épargne dans ce projet à haute valeur sociale et écologique. Et le capital accumulé, qui s’élève aujourd’hui à 65 millions d’euros, sert à acheter des fermes pour y implanter des exploitations agricoles aux pratiques respectueuses des sols et de l’environnement.

Terre agricole un jour, terre agricole pour toujours

L’activité principale de Terre de liens est donc l’acquisition de terres et de fermes, qui vont rejoindre le réseau des « fermes Terre de Liens“. Ces terres, qui sortent définitivement du marché spéculatif, sont assurées d’être maintenues à long terme dans leur vocation agricole et sont destinées à accueillir de nouveaux agriculteurs, déchargés du poids de l’achat foncier.

Terre de Liens devient donc propriétaire des terres, qui sont mises en location avec un bail de très longue durée. La société foncière s’engage aussi à ne pas revendre les terres et à y maintenir une activité agricole, même en cas de départ ou de retraite : elle sera alors louée à un autre paysan qui prendra la relève.

Pour une agriculture durable et respectueuse

Si Terre de liens œuvre concrètement pour que les terres agricoles le restent, c’est aussi avec la volonté de promouvoir certaines pratiques agricoles, et en particulier le bio. En cohérence avec les valeurs de l’association, les terres sont donc allouées à des candidats qui s’engagent à pratiquer une agriculture respectueuse de l’environnement, sur une exploitation à taille humaine : au porteur de projet de faire valoir dans sa candidature que les modes de production déployés répondront à cette approche.

Alors que le bail rural « classique » protège la liberté de pratique culturale du fermier (le propriétaire ne peut pas interdire l’usage d’engrais chimiques sur ses terres), Terre de Liens a choisi de poser quelques règles du jeu, formalisées dans un bail rural environnemental. Signé pour toute la durée d’activité agricole du fermier, ce bail décrit les obligations du fermier concernant la préservation des ressources naturelles : les clauses peuvent viser les modes de culture, la rotation des sols, le maintien de haies naturelles, la non pollution de cours d’eaux…

Terre de liens choisit donc de valoriser ces fermes pour en faire des lieux exemplaires en termes de biodiversité, de qualité de l’eau, de préservation des zones humides, ou d’énergies renouvelables…

Trois outils, un objectif

Après la Foncière Terre de liens, c’est au tour de la Fondation Terres de liens de voir le jour en 2013 pour recevoir des donations de terres. Reconnue d’utilité publique, la fondation est la seule forme de statut pérenne capable de recevoir des donations ou des legs de fermes et de terrains, et d’en garantir une préservation à très long terme. En 2017, la Fondation Terre de Liens a bénéficié de plus d’1,6 million d’euros de dons et legs, sous forme de terres ou bâti agricole, de la part d’environ 4000 donateurs.

Terre de liens, c’est donc une association et deux outils financiers, engagés dans un objectif commun : préserver le foncier agricole pour les générations à venir. Une préservation qui s’entend au sens le plus large : il s’agit de préserver leur vocation agricole, mais aussi de les préserver à long terme en tant que ressource naturelle et bien commun, en en faisant un usage responsable et durable.

Terre de liens en chiffres clés :

  • 1100 hectares convertis à la bio
  • 376 fermiers et fermières actifs sur des fermes Terre de Liens, dont 206 liés par un bail rural
  • 1 000 candidat(e)s à l’installation agricole conseillés en 2017
  • 250 administrateurs(-rices) bénévoles à travers le territoire
  • 65 salarié(e)s répartis sur toute la France
  • 13 500 actionnaires citoyens solidaires
  • 3 600 adhérent(e)s
  • 4 317 donateurs(-rices)
    Source : Terre de liens, 2017

*France continentale, à l’exception de la Corse